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A la mi mars, une demande de mise en libération conditionnelle a été déposée par Me Gérard Tcholakian pour Kristian Georgeault, condamné à onze ans de prison en mars 2004, et qui a réalisé au moment de cette audience près de cinq ans de détention. Voici les explications de Kristian Georgeault dans une lettre adressée à Pêr Loquet, président de Skoazell Vreizh...
"La demande de mise en liberté conditionnelle a été déclarée recevable dans le temps et dans la forme, mais rejetée aux motifs que le parcours judiciaire n'est pas terminé (Plévin et l'appel de Quévert), que les intérêts civils n'ont pas été fixés, que la demande est prématurée ou le reliquat de peine, et, cerise sur le gâteau, que j'ai l'outrecuidance de demander à vivre en Bretagne auprès de ma famille.
Tu remarqueras donc que pour les deux premiers points, cela n'avait pas posé de problème pour mes camarades Alan et Paskal. Pour le troisième point, c'est la loi française qui fait que je puisse accéder à cette demande, on me dit en fait que les députés n'y connaissent rien et que leurs lois sont inadaptées. Je ne m'étalerai pas sur tel ou tel cas que j'ai pu rencontrer au cours de mon parcours, cela ne représente que peu d'intérêt.
Le quatrième point, lui, s'inscrit plus dans un esprit de revanche. A longueur d'années, on entend moult experts et d'autres juristes, syndicalistes, nous parler de la nécessité de maintenir les liens familiaux, de préserver le tissu familial dans l'intérêt des enfants. Et là, on semble me dire que je devrais penser à une autre orientation, hors de Bretagne, loin des miens, mais aussi de mon pays. On me propose après la privation de liberté une autre peine encore plus pernicieuse.
(...)
Avant ma demande de conditionnelle, je suis passé en commission de remise de peine supplémentaire. Sur les huit mois que je pouvais espérer sur les trois années examinées, on ne m'en a accordé que la moitié. Tous nos autres camarades avaient touché la totalité pour ces trois ans. Je n'ai rien fait ni dit de plus ni de moins. Je crois que c'est l'effet de la nouvelle loi Perben II. Et puis c'est le risque de l'arbitraire. Il paraît qu'à partir de janvier 2006, il pourra y avoir appel sur ces décisions. Mais bon... qu'est-ce que quatre mois sur un si long parcours ? (...)"
Skoazell Vreizh : 09/04/2005
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