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Droit ou justice d'exception  Historique des revendications bretonnes

   Située à l'extrême ouest de l'Europe, la Bretagne est une péninsule peuplée à l'origine par des Celtes, comme l'Irlande, le Pays de Galles, l'Écosse, la Cornouaille. Sa civilisation, sa langue, sa culture, son histoire, l'intègrent dans cet ensemble celtique.

   La nation bretonne existait avant la nation française, et le Royaume de Bretagne, constitué au 9ème siècle, existait avant le Royaume de France constitué au 12ème siècle.

   Après des siècles d'indépendance, la Bretagne signe un traité avec le roi de France en 1532 qui garantit les droits de la Bretagne, notamment en matière de nationalité, fiscalité ou justice. Même si les Bretons ont toujours manifesté leur désir de liberté et de justice (par exemple la révolte des Bonnets Rouges au 17ème siècle) c'est lors de la Révolution Française de 1789 (qu'ils ont été parmi les premiers à initier) qu'ils subissent de plein fouet la politique française d'unification qui cherche à "éliminer " purement et simplement les peuples de l'Hexagone.

   En effet, la victoire en France des Jacobins, partisans de l'uniformisation et de la centralisation, face aux Girondins, plus enclins à la diversité, va amener à nier l'existence du peule breton et de sa culture: ce sera sa langue, son histoire, son mode de vie, sa personnalité, jusqu'à son économie, fondée sur la mer, qui sera complètement désorganisée. Une acculturation volontaire qui fait des dégâts considérables.

   Aujourd'hui le peuple breton n'existe toujours pas officiellement. La langue bretonne, et par conséquent son enseignement généralisé, non plus. Le territoire de la Bretagne est toujours amputé d'un cinquième depuis le régime de Vichy en 1941.

   Les Bretons se sont, depuis toujours, opposés, par des moyens variés, à cette politique d'assimilation qui n'est rien d'autre qu'un d'ethnocide. Pour réponse, ils n'ont toujours reçu de le part de l'Etat français que mépris et répression, que ce soit pour les Bonnets Rouges au 17ème siècle ou les intellectuels bretons du 19ème, et encore aujourd'hui en ce début de troisième millénaire.

   Depuis 35 ans, des militants bretons contestataires sont régulièrement poursuivis et emprisonnés par les différents services de l'Etat français.
   De 1963 à 1981, la Cour de Sûreté de l'Etat se chargeait des dossiers, ce qui signifiait l'application d'un statut spécial pour les prisonniers politiques. De 1981 à 1986, ce sont des juridictions de Droit Commun qui prirent la relève.

   Depuis 1986, la France s'est dotée d'une nouvelle cour d'exception (quatorzième chambre du Parquet de Paris), mais aucun statut spécial ne fut rétabli.
  Près de 350 Breton(ne)s ont été déféré(e)s devant cette cour depuis 1992. Depuis fin 1999 plus de 150 militants bretons ou proches de militants bretons ont été interpellés et placés en garde à vue.   Huit militants bretons sont toujours incarcérés dans la région parisienne. Le caractère politique de leur détention n'est pas admis par la France, le Droit n'est pas appliqué, notamment en matière de présomption d'innocence, les droits humains sont bafoués lors des interpellations, et on assiste à un acharnement contre tous ceux qui ont une revendication nationalitaire et identitaire.

C'est dans ce contexte particulier que nous établissons ce rapport.




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