Comité de soutien aux familles de détenus politiques bretons SKOAZELL VREIZH  /  SECOURS BRETON
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Comité de soutien aux familles de détenus politiques bretons
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« l'association Skoazell Vreizh est un comité de soutien aux familles des détenus
et des personnes mises en examen pour des motifs politiques bretons, personnes impliquées dans des actes
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Procès « Plévin » : début des questions de fond

Le démarrage de la troisième journée du procès des cinq Basques et dix Bretons impliqués dans le dossier de « Plévin » a été problématique. Le président avait bien précisé lors de la suspension d’audience le jeudi précédent qu’elle démarrerait à 9 h pour parvenir à la fin de la lecture de l’acte d’accusation, mais faute d’avoir une majorité d’avocats présents, ce n’est qu’après 10 h que cette lecture monocorde a pu commencer.

Ce n’est donc qu’en fin de matinée que le premier témoin d’accusation, en l’occurrence le policier Le Boursicault, membre de la DNT à l’époque du vol des explosifs de Plévin, a été entendu. Et très vite, une question de fond a été posée : comment peut-on affirmer que les explosifs utilisés ensuite lors de divers attentats, donc détruits après leur usage, proviennent de l’entreprise Titannite et plus certainement encore du vol de Plévin ?

L’après-midi devait être principalement consacré à six témoins de la partie civile, les quatre chauffeurs de l’entreprise Titannite victimes de l’intervention du commando, ainsi que l’épouse de l’un d’entre eux vivant sur place en tant que gardienne du site et le PDG du groupe. Mais dès le premier témoignage, lorsque le président de la Cour d’assise spéciale a demandé aux accusés basques de répondre à des questions, et que ceux-ci l’ont fait dans leur langue, la question de la traduction est revenue au premier rang. Et cette fois-ci, non pas à la demande des bascophones et de leur avocate, mais de Me Choucq, soutenu par Me Lorvellec, avocats d’accusés bretons. Ne pas comprendre l’intervention des accusés pour leurs co-accusés constitue un problème du droit de la défense. C’est pourquoi l’avocat breton a réclamé un interprète basque afin que ses clients puissent être informés des interventions de leurs co-accusés. S’en suivit une discussion mêlant magistrats, avocats et accusés, et pour finir une suspension d’audience de 45 mn à la suite de quoi les jurés magistrats ont fait savoir qu’ils rejetaient cette demande comme ils avaient rejeté celle de l’avocate basque dès la première audience.

Le premier témoin de Titannite, le chauffeur-livreur Emmanuel Calvary, est également le plus marqué, semble-t-il, par ce qu’il a subi lors du vol de Plévin. Arrivé sur le site avec ses collègues très tôt le matin de septembre 1999, il se prépare à prendre des explosifs en commande pour sa livraison, lorsqu’il est saisi par deux ou trois hommes qui le feront charger les palets de dynamite dans un camion avant de l’enfermer avec ses collègues dans un local technique. Il sera ensuite en arrêt de travail pendant un mois et vit toujours le même cauchemar psychologique chaque nuit depuis six ans ;

Les quatre témoins seront moins précis dans leur témoignage de ce jour qu’ils ne l’ont été selon le témoignage rédigé le jour même de l’opération du commando par la police. Ce qui ressort régulièrement dans l’ensemble des témoignages, c’est qu’ils ont entendu parler français avec et sans accent (y compris un accent arabe), qu’ils ont évalué le commando à six personnes dont une femme, qu’ils ont subi la violence d’une ou deux armes sur la nuque ou la tempe…

La fin de l’audience a été consacrée au curriculum vitae de trois des accusés basques, avec à nouveau le débat sur le témoignage en basque et non pas en français ou en espagnol, même s’ils sont capables d’utiliser ces langues. Aux questions posées en français par le président de la Cour d’assise spéciale, le traducteur transmettait en espagnol et les accusés répondaient en basque, le tout dans un climat surréaliste.

Aura également été évoqué lors de cette audience le fait que les huit accusés détenus sont réveillés vers 5 h 30 du matin pour être emmenés vers 9 h au tribunal, ce qui leur interdit une toilette convenable à la douche. Ils ne sont rendus dans leur cellule le soir que vers minuit.

Par ailleurs, ils ne peuvent bénéficier de repas corrects chauds dans l’ensemble de la journée. Le président a affirmé intervenir pour que ces sept hommes et cette femme soient traités correctement dans les jours à venir.

Prochaine audience : mercredi 8 juin, 10 h.

Skoazell Vreizh : 07/06/2005



   
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