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Très nombreux présents au début du procès de Plévin où étaient jugés dix Bretons et cinq Basques, les journalistes français, espagnols, basques et bretons se sont faits plus limités pendant les quatre semaines suivantes, et sont revenus les derniers jours des réquisitions, des plaidoiries et pour le verdict. Mais certains ont suivi tout du long ce long procès, et notamment la radio Radio Bleue de Bretagne, les télévisions France 3 Bretagne et TV Breizh, ainsi que les quotidiens Ouest-France et Le Télégramme.
Le réquisitoire plus que sévère
Le réquisitoire plus que sévère de l’avocat général a provoqué les mêmes titres un peu partout dans les journaux du 28 juin : « Basques, Bretons : lourdes réquisitions » (Ouest-France), « Vol de Plévin, lourdes réquisitions requises » (Le Télégramme), « De lourdes peines requises contre des indépendantistes basques espagnols » (Le Monde en date du 29 juin).
Entre 15 et 30 ans de prison réclamés contre les Basques, entre 5 et 11 contre les Bretons : selon Le Monde, « la disproportion des réquisitions est conforme à ce qui était apparu tout au long du procès (…) : une alliance de circonstance entre deux groupes de nature bien différente. D’un côté les militants basques rodés aux opérations militaires et à la clandestinité, de l’autre des indépendantistes bretons aux méthodes confinant parfois à l’amateurisme. »
Toutefois, « pour l’avocat général, les actions de l’ARB n’ont « rien de folklorique ». Et elles ne sont surtout « pas une activité de loisirs pratiquées par quelques Pieds Nikelés », précise Le Télégramme. « L’avocat général a dû faire sans témoins ni aveux », conclut Le Monde.
La défense et l’absence de preuves
« La défense attaque avec ironie », annonce Ouest-France suite à la première journée de plaidoiries. « Les défenseurs ont manié l’ironie et le droit pour convaincre la cour d’assises que les peines demandées étaient effroyablement injustes. » Les quotidiens du 29 juin citent successivement Me Choucq qui rappelle à quel point le fameux rendez-vous basco-breton de Lorient n’avait rien de secret et confidentiel, entre le plein jour, la proximité du commissariat de police, la voiture peu discrète de Denez Riou ; Me Leclerc qui démontre qu’il n’y a aucune preuve réelle contre Arno Vannier ; Me Lorvellec en défense de Bertrand Grimault dont le seul tort est d’avoir passé une soirée et une nuit avec les Basques : « Va-t-on le condamner pour recel d’un duvet et achat de victuailles ? » (Ouest-France) ; « et délit d’extinction de portable pendant deux jours ? » (Le Télégramme).
« Trop de coïncidences, trop d’invraisemblances, n’a cessé de répéter l’avocat général. Peut-être, mais c’est tout ce qu’il a pu dire. De preuves, point l’ombre d’une »… conclut Le Télégramme.
Une défense-attaque
Les plaidoiries de la défense ont repris le mercredi 29 au matin avec Me Appéré, l’avocat de Denez Riou, présenté par l’accusation comme le chef de l’ARB. « On attendait un long plaidoyer en faveur du combat nationaliste breton, il n’y en a eu aucun », observe Le Télégramme (30.06.05). « Denis Riou a, jusqu’au bout, espéré la clémence de ses juges », précise Ouest-France.
« Je ne suis pas là pour défendre la cause bretonne. Cela ne m’intéresse pas du tout », déclare Me Appéré en commençant sa plaidoirie pour Riou, que l’on retrouve largement dans la presse. « Me Ronan Appéré a gommé tout ce qui pouvait rappeler le passé militant de son client », résume Ouest-France.
La défense de son client passe par un autre principe : « Charlie Grall égratigné par Me Appéré », peut-on lire dans Le Télégramme, qui précise que Me Appéré dénonce les « méthodes opaques des enquêteurs ». « Mais l’avocat pointe aussi du doigt les autres accusés, notamment Charlie Grall. « Qui a fixé rendez-vous à Lorient, le jour où commence toute l’histoire ? Charlie Grall. Qui a demandé à Denis Riou d’aller dans le café où sont apparus les Basques ? Charlie Grall. Quel nom figurait enfin sur l’agenda d’Oyarzabal, le chef des Basques ? Encore Charlie Grall ! Qu’on ne vienne pas dire que Riou a tout organisé. Qu’on ne lui mette pas tout sur le dos ! » Sur sa chaise, Charlie se fige. A ses côtés, quelques avocats écarquillent les yeux, incrédules, puis courroucés. »
Charlie Grall n’est pas le seul accusé breton mis en cause par l’avocat de Denez Riou : « Il accuse deux autres prévenus bretons d’avoir dit tout et son contraire, notamment d’avoir désigné Riou comme le commanditaire de la location d’un véhicule utilitaire qui aurait pu servir au transport de la dynamite. La solidarité entre Bretons n’était pas de mise hier (…) », assure Ouest-France.
Déclaration de guerre... venue de l’accusation
La plaidoirie de l’avocate basque Me Molina dénonce les « peines effroyables » réclamées par l’avocat général à l’encontre des cinq accusés basques comme « une déclaration de guerre », ce que les journaux mettent en avant. « Elle a aussi dénoncé « l’absence de preuves » dans le dossier », complète Le Télégramme. « Le dossier est selon elle une « coquille vide », construite à coup de déductions », ajoute Ouest-France.
Asier Oyarzabal s’est vu réclamer 30 ans de prison : « Elle récuse (…) le portrait que l’accusation a dressé d’Asier Oyarzabal, présenté comme le chef de la logistique de l’ETA, note Ouest-France. « Il n’exerçait aucune responsabilité ». Et il n’a pas à être condamné pour des attentats qu’il n’a pas commis. »
« Après cette ultime plaidoirie, les accusés ont eu la parole. Seul, Denis Riou l’a prise : « Je remercie la cour de m’avoir écouté. » Les sept membres de cette cour d’assises spécialement composée de magistrats sont entrés en délibérés. Il était alors 15 h. Le verdict est tombé peu avant 23 h 30. » conclut Ouest-France.
Jusqu’à 20 ans de réclusion
« D’un côté, jusqu’à 30 années de réclusion requises. De l’autre, des demandes d’acquittement… Les juges ont tranché » (Le Télégramme).
De deux à vingt ans de réclusion ont été décidés par la cour d’assises : « Les peines prononcées par les magistrats professionnels (…) sont inférieures aux réquisitions du parquet », indique Le Figaro (30.06.05).
« Le verdict a été accueilli par des chants basques et bretons entremêlés, entonnés par une cinquantaine de militants massés dans la salle d’audience », conclut Ouest-France.
Skoazell Vreizh : 02/07/2005
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