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Ce matin du 29 juin a débuté avec la plaidoirie de Me Appéré, avocat de Denez Riou: "La cause bretonne ne m'intéresse pas". Se maintenant sur une défense hors politique, plus proche du "droit commun", il a mis en avant la nécessité de ne pas séparer les éventuelles responsabilités de son client de celles des autres accusés avec qui il était en relation.
A suivi la plaidoirie de Me Coutant Peyre pour deux autres accusés bretons, Alan Solé et Gérard Bernard. Dénonçant le "bidonnage" dü aux "secrets défense" des RG, ce qui empêche de vérifier les témoignages apportés contre les accusés, elle a particulièrement insisté sur le fait qu'Alan Solé avait déjà été jugé l'année dernière sans plus d'élément à charge cette année. Quant à Gérard Bernard, il paraît étrange de le menacer d'une lourde peine de 8 ans de prison, ainsi que l'a réclamé l'avocat général, alors que son action de recherche de logements pour les Basques de ce dossier a été faite avec deux autres hommes, l'un non accusé, l'autre dont l'avocat général demande l'acquittement. Quant au supposé recel des explosifs, aucune preuve concrète n'existe.
L'après midi a connu la plaidoirie de l'avocate Yolanda Molinaro, qui défend les cinq accusés basques. Elle a commencé par un "hommage au peuple breton", avec qui "le peuple basque sait ce qu'est la solidarité".
Face au président de la Cour d'assises qui demandait "parlons du dossier, ne parlons pas de politique", elle a précisé: "Mais pour les juger, il faut savoir pourquoi ils sont venus ici". Elle a donc commencé par résumer l'histoire de l'Etat espagnol, avant et après Franco, la lutte des militants basques contre le franquisme, puis le refus de l'Etat espagnol de reconnaître la culture et la politique basques, la répression contre le militantisme basque, la période du Gal et ses victimes dans l'Etat français (dont le père de l'accusée Argi Perurena Peñalba), les policiers terroristes non poursuivis, les tortures qui existent toujours, les remises de militants basques à la police espagnole sans extradition, pour arriver à la trêve en cours à la fin de l'été 1999. Une trêve suivie de près de 300 arrestations...
"Choquée et scandalisée" par les très lourdes peines réclamées contre les cinq Basques, elle a ensuite démontré les manques de logique des différentes accusations et des témoignages souvent douteux, mettant tout en accusation contre les cinq Basques présents dans le box, comme si personne d'autre ce mois là n'avait été présent en Bretagne et dans l'Etat français.
Symbole de ces accusations, "l'anorak rouge qui risque de devenir un pull-over rouge"...
A 14 h 45, les quinze accusés ont eu droit à une dernière intervention. Tous ont affirmé n'avoir rien à ajouter, et en fin de parcours, Denez Riou a terminé avec la déclaration : "Merci Monsieur le Président de m'avoir écouté ainsi que d'avoir écouté l'avocat de ma défense."
Le débat terminé, les jurés - magistrats professionnels - se sont retirés pour délibérer et répondre à plus de 200 questions. Les accusés non détenus ont été regroupés dans une salle de témoins pour attendre sans quitter le tribunal le verdict qui devrait intervenir dans la soirée.
Skoazell Vreizh : 29/06/2005
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