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Une audience commencée vers 13 h et terminée vers 15 h 30 : c’est la journée du 21 juin du procès des dix Bretons et cinq Basques accusés dans le dossier du vol des explosifs de Plévin. Elle était principalement consacrée au dossier d’Arno Vannier.
Ce jeune homme était en formation professionnelle lorsqu’il est arrêté et incarcéré en décembre 1999. En prison pendant deux ans, il s’implique dans un atelier vidéo où il apprend la profession de gestion technique du cinéma, un métier totalement différent. A sa sortie, il est employé comme caméraman, monteur et coordinateur à TV Breizh, la télévision bretonne située à Lorient.
Après sa condamnation à quatre ans de prison lors du procès de l’ARB 1993-2000 en mars de l’année dernière, il retourne effectuer sa peine à partir d’avril dernier. C’est en tant que détenu qu’il assiste au procès de Plévin. Mais son employeur lui assure un emploi fixe en remplacement d’une personne qui quitte l’entreprise s’il peut revenir dans les mois qui viennent.
Trois témoins sont venus expliquer la compétence professionnelle et la personnalité très appréciable et appréciée
d’Arno Vannier à la barre, deux collègues de TV Breizh devenus des amis et l’organisatrice de l’atelier vidéo
de La Santé.
Que reproche-t-on à Arno Vannier dans ce dossier ? Le président de la cour d’assise a largement insisté sur deux faits découpés et redécoupés pour arriver à une conclusion claire : tout ceci a déjà été traité lors du procès précédent.
Lors de son déménagement de septembre 1999, la semaine où a eu lieu le vol de Plévin, il conjugue une maladie de gastro-entérite et le déménagement avec l’aide d’Alan Solé. Pourquoi n’achète-t-il pas ses médicaments ? C’est ce qui semble intéresser le plus le président, alors que par ailleurs toutes ses déclarations sont prouvées et témoignées sans ambiguïté.
Des sacs contenant des explosifs et accessoires volés à Plévin ont été trouvés dans sa voiture. C’est Paskal Laizé qui lui a demandé de les conserver quelques jours. Il ne lui a pas posé de questions et a laissé ces sacs dans sa voiture. Il a ensuite tout décrit à la juge, à l’exception du nom de Paskal Laizé, qu’il n’a évoqué que lorsqu’il a appris que Laizé s’était lui-même expliqué avec la juge.
A la fin des innombrables questions posées au procès de Plévin à Arno Vannier, l’avocat Me Leclerc faisait remarquer : « Ce sont mot à mot les mêmes questions posées et les mêmes réponses qu’au procès de l’année dernière, où il a été condamné pour détention d’explosifs et association de malfaiteurs. »
Il y a tout de même eu des questions intéressantes de la part du président de la Cour d’assise spéciale, par exemple : « Combien de personnes sont-elles indépendantistes en Bretagne ? » « Il y a 7 ou 8 ans, selon Ouest-France, ils en avaient recensé 25 %. Cela va vous surprendre… » a répondu l’accusé.
Refus des demandes d’avocats
Le président de la Cour d’assises a par ailleurs rendu deux arrêts suite à des demandes d’avocats, mises en délibéré.
Deux avocats avaient successivement demandé le refus de la présence de SOS-Attentat dans la partie civile, aucune victime d’attentat n’étant impliquée dans ce dossier. Acceptant le « soutien à des victimes d’infraction », le magistrat considère cette partie civile comme recevable.
Par ailleurs, l’avocate d’Alan Solé, Me Coutant-Peyre, avait demandé au président de constater que son client avait été condamné pour les mêmes chefs l’année dernière, ce qui rendrait illégale la poursuite en jugement. Les faits étant considérés comme différents, les associations ne comprenant pas, selon la Cour d’assise, les mêmes personnes, les mêmes objets, la même période ni les mêmes lieux, la demande a été rejetée.
Prochaine audience mercredi 22 juin, 10 h.
Skoazell Vreizh : 21/06/2005
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