|
L’interrogatoire d’Alain Solé – présenté initialement à la Cour d’assise spéciale de Paris comme un homme intelligent mais un peu trop buveur – est largement consacré à l’histoire d’un camion qu’il a loué en septembre 1999.
Dans le dossier d’accusation du vol de Plévin, Denez Riou est censé avoir demandé à Alain Solé de louer ce camion, et de l’apporter à Lorient, ce qui aurait été fait. Le camion n’aurait toutefois pas été utilisé dans le vol de Plévin faute de correspondre aux besoins voulus.
Cette version, qui met en cause Denez Riou en dehors du seul hébergement des Basques accusés dans ce procès, la seule participation qu’il reconnaît, aurait été confirmée au départ par Alain Solé lors de sa garde à vue à la police, puis auprès du juge d’instruction.
Sa déclaration au procès de la Cour d’assise spéciale va dans un tout autre sens. Alain Solé a bien loué ce camion, mais à la demande d’une autre personne, un ami de Rennes, à qui il l’a apporté. Il l’a récupéré le lendemain et a aidé Arno Vannier à déménager. A aucun moment il ne serait allé lui-même à Lorient.
Cette déclaration, qui retire l’implication de Denez Riou, ne paraît guère crédible pour le président de la cour d’assise et l’avocat général. La seule certitude apparente est que le camion a effectué 500 km pendant ces deux jours, ce qui dépasse le seul aller-retour Fougères/Rennes/Saint-Malo.
Et si de mauvaises et de fausses déclarations effectuées devant la DNAT par les différents gardés à vue sont plus que courantes, c’est moins crédible pour les magistrats devant le juge d’instruction, en présence de l’avocat de la défense. Il n’empêche qu’une nouvelle fois aucune preuve concrète ne peut assurer que le camion loué par Alain Solé était bien arrivé à Lorient et ce à la demande d’un autre accusé.
Une autre ambiguïté a été également étudiée en ce jour d’audience, l’utilisation faite du logement d’Hugues Richard. Un logement emprunté par Gérard Bernard à la demande de Denez Riou, ils ne le contestent pas, et dont les Basques avaient les clefs. Un logement dont la cave aurait reçu pendant un certain temps les explosifs volés, personne ne peut en témoigner avec certitude du côté de l’accusation, à l’exception d’un chien policier qui aurait senti des traces d’explosifs lors de la perquisition, et d’affirmations de Hugues Richard lui-même, connu et reconnu comme gravement malade sur le plan psychiatrique.
L’un des quatre duvets achetés à Lanester lors de l’installation des trois Basques dans l’autre logement emprunté a été retrouvé chez Hugues Richard, et pour l’accusation, ce serait suite à la venue de Denez Riou. Les RG – toujours eux – l’auraient vu entrer dans l’immeuble, mais… sans le voir sortir.
La prochaine audience aura lieu lundi 20 juin à 10 h, avec les interrogatoires de Stefan Philippe et Paskal Laizé.
Skoazell Vreizh : 17/06/2005
|