Comité de soutien aux familles de détenus politiques bretons SKOAZELL VREIZH  /  SECOURS BRETON
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Comité de soutien aux familles de détenus politiques bretons
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« l'association Skoazell Vreizh est un comité de soutien aux familles des détenus
et des personnes mises en examen pour des motifs politiques bretons, personnes impliquées dans des actes
de résistance à la politique d'assimilation et d'intégration de l'Etat français en Bretagne »
 
 
 
Procès de Plévin - Des témoignages douteux dans tous les sens

"On a essayé de me faire porter un costume trop large pour moi" : ainsi Gérard Bernard résume-t-il sa position dans le procès de Plévin, dont l'audience de ce jour lui était principalement consacrée. Dès son enfance, Gérard Bernard a vécu une vie "à part", difficile, solitaire. Lors de son service militaire, le jeune homme part au Liban, où il découvre la vie d'un monde bouleversé, et peut-être paradoxalement, c'est dans ce monde qu'il prend conscience de la réalité de la Bretagne.

De retour dans son pays, il s'implique dans le monde indépendantiste. Parallèlement, sa vie est celle de la "galère". Il sera à plusieurs reprises jugé pour des détours des lois.

Dans l'année 1999, déjà père de deux enfants, il est le père d'un jeune garçon dont il a seul la charge. A la demande d'un ami, il contacte des camarades qui lui prêteront leurs logements pour héberger les Basques. Lorsque Denez Riou est arrêté, il se doute que la prochaine arrestation sera envers lui. Il prend la fuite. Il sera récupéré peu après par la police et placé en garde à vue : "Le but de la DNAT était de charger Denez Riou". Ses réponses aux questions de la police sont très approximatives : "Je me suis trouvé enfermé dans des mensonges, je ne pouvais rien répondre puisque je n'avais pas de réponse." De fil en aiguille, ses réponses limitées et douteuses aux yeux des policiers puis du juge le conduisent à trois ans de détention "provisoire". "J'ai été libéré la troisième année après avoir fait les mêmes déclarations que trois ans auparavant. L'instruction est entièrement à charge." "On est égal en fonction de son compte en banque, plus il est élevé, plus on est égal...".

Divers témoignages interviennent au cours de cette audience, pour démontrer notamment une soirée commune entre Denez Riou et Gérard Bernard le soir du jour du vol de Plévin. Etaient-ils ivres lors de leurs différents déplacements dans des cafés et restaurants ? Auraient-ils parlé de l'actualité de Plévin ? Pourquoi auraient-ils payé leurs repas avec des chèques de l'association où travaille Denez Riou ? Les témoins, commerçants, chauffeur de taxi, ont du mal à se souvenir cette soirée d'il y a six ans. Et rien ne paraît particulièrement lié à une vie autre que banale. Le plus grand "problème" abordé est une déclaration de Gérard Bernard dans un café lorientais : "Tu verras, on va parler de moi". "On devait parler de nous, explique Gérard Bernard, nous étant la Bretagne, suite à l'action de Plévin du matin même." Et si les deux hommes abordent ce sujet d'actualité, c'est que la radio en avait fait état dans la journée.

Curieusement, l'avocat général qui a demandé ces témoignages au procès, suite aux dossiers rédigés par la police après avoir entendu ces personnes lors de l'enquête de 1999, ne pose aucune question aux témoins convoqués.

L'un des amis de Gérard Bernard qui a prêté son logement en septembre 1999, Hugues Richard, est aujourd'hui en hôpital psychiatrique. En 1999, il bénéficiait quatre heures par semaine de l'aide d'une femme de ménage venue témoigner au procès, et qui confirme son "lourd dossier psychiatrique" et "des hospitalisations pour son délire". Il lui aura parlé de la présence de 300 kg de dynamite dans sa cave, quelques jours après le vol de Plévin, mais elle n'a rien vu.

L'autre ami qui a prêté son logement est Le Faucheux, qui n'a pu venir à la convocation du président du tribunal en avril dernier, ce qui lui vaut depuis d'être en prison. Lors de ses interrogatoires policiers, après son arrestation de 1999, il assurera avoir passé une nuit chez lui avec les Basques hébergés, avoir rencontré certains inculpés... et paradoxalement, ses déclarations ne vont même pas dans le même sens, si l'on en croit le président de la Cour d'assise, que les affirmations policières. "Ce sont de pures inventions de ma part", assure aujourd'hui Le Faucheux. Pourquoi a-t-il ainsi raconté n'importe quoi ? Il ne sait pas… Le fait est que sa position d'aujourd'hui est visiblement vraisemblable, compte tenu des témoignages reçus par ailleurs, y compris en provenance de la police. Ce qui revient à dire que Le Faucheux n'était nullement au courant de qui étaient les personnes hébergées chez lui ni des activités de Gérard Bernard et de ses amis pendant cette période.

La prochaine audience aura lieu jeudi 16 juin à 10 h, avec les interrogatoires de Jean-Charles "Charlie" Grall et de Bertrand Grimault.

Skoazell Vreizh : 15/06/2005



   
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