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Peut-on raisonnablement mettre en doute les témoignages de policiers déposés devant la Cour d’assises spéciale suite aux enquêtes menées sur place? A priori, bien sûr que non. Surtout lorsque le témoignage paraît encore très présent dans la mémoire des personnes qui décrivent des surveillances de personnes aujourd’hui accusées.
Sauf que les policiers de la DNAT entendus au procès de Plévin en ce vendredi n’étaient pas les policiers qui avaient effectué les surveillances évoquées. Il paraît que c’est une habitude, les policiers des Renseignements généraux leur transmettent leurs propres informations, et les policiers de la DNAT les rédigent de façon officielle, sans vérification. Où est le problème ? Simplement dans le fait que ces policiers venus témoigner n’ont pu « témoigner » que d’informations qui leur avaient été transmises par d’autres policiers au lieu de témoigner de ce qu’ils auraient pu voir ou entendre. Ce qui en soi est déjà contestable, et contesté par les avocats. Mais qui débouche également sur des informations erronées, concernant les activités des accusés et leurs déplacements dans les périodes précédant et suivant le vol de Plévin. Selon les policiers, les RG surveillaient des militants bretons, et particulièrement Denez Riou depuis les attentats de Cintegabelle (1998) et de Belfort (1999), attribués à l’ARB.
Denez Riou, aurait par exemple été surveillé tel jour à telle heure dans un café de Carhaix avec d’autres personnes, dont un autre accusé. Sauf que le jour en question, selon les « témoins » approximatifs, était un dimanche, et que le café en question est fermé le dimanche.
« J’attends autre chose que des « on-dit » ou des « on m’a rapporté », j’attends des documents, des pièces, pour prouver sa culpabilité », a déclaré l’avocat de Denez Riou, Me Appéré.
Moins bavard que les policiers de la DNAT témoignant à la place de leurs collègues des RG, le célèbre commissaire Marion n’est resté que peu de temps devant la Cour d’assises, incapable selon lui de répondre aux questions qui lui étaient posées, sa seule certitude étant le sérieux de la « source sûre et confidentielle » de la surveillance de la maison d’Idron, près de Pau, où les accusés du vol de Plévin ont été repérés.
Le président de la Cour d’assises a décompressé l’atmosphère en évoquant le célèbre « Festival des vieilles chaussures » de Carhaix…
La prochaine audience aura lieu lundi 13 juin à partir de 10 h. Seront entendus le matin des témoins de l’accusation, et l’après-midi des témoins de la défense des accusés basques.
Skoazell Vreizh : 10/06/2005
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