Incarcéré en 2000 dans le cadre de l'enquête sur l'ARB, condamné successivement en 2004 (8 ans) et 2005 (4 ans), Paskal Laizé avait été remis en liberté conditionnelle au moment de Noël 2004, avec comme plus grosse obligation l'interdiction de revenir en Bretagne, ne serait-ce que pour y rendre visite à ses filles adolescentes, à sa Mamm Goz ou tout le reste de sa famille.
Au départ, Paskal Laizé avait été employé par la Fnac à Versailles et hébergé par un jeune couple à l'autre bout de la région parisienne, Vitry-sur-Seine.
Quelques semaines avant son arrestation en 2000, il avait été victime d'un accident en moto, ses deux jambes étant gravement blessées. Il était encore en traitement lors de son incarcération, se déplaçant alors en béquille, et le monde de la détention, comme tout le monde le sait, n'est guère le plus efficace pour assurer les services médicaux. Il portait des genouillères lors de sa sortie en 2004. Ses quatre ans et demi de détention n'avaient guère amélioré ses problèmes de jambes, et d'autres troubles médicaux s'étaient greffés là-dessus. Au bout de quelques semaines de travail, il était mis en arrêt de maladie à plusieurs reprises. Il cesse de travailler dès le mois de mars 2005, effectue divers examens de radiologie et synthigraphie osseuse, est examiné par un professeur de l'hôpital Ambroise Paré de Paris. En juillet 2005, il était opéré sur sa jambe gauche, la plus mal en point : une greffe du tendon du genoux droit pour améliorer le genoux gauche. Depuis, il suit régulièrement des séances de kinésithérapie.
Tout au long de cette période, ses différents types d'idemnité ont sans cesse changé pour se terminer tout simplement en septembre : n'ayant pas suffisamment travaillé, il ne touche pas d'indemnités journalières. Or ces indemnités journalières devaient lui permettre la location d'un logement, ses hébergents ne pouvant le garder plus longtemps pour des raisons familiales. Il se retrouve donc à la fois sans aucun revenu et sans logement, étant maintenant hébergé chez différentes personnes au jour le jour. Sur le plan de travail, la fin de son arrêt de maladie ne résoudra pas le problème, puisqu'il est hors de question, physiquement, qu'il puisse reprendre son emploi initial de magazinier, travail très physique.
Et pour tout arranger, il se rend compte que depuis sa "liberté" très relative, il a moins vu ses deux filles que lors de sa détention. Différentes demandes sont faites pour la modification de sa liberté conditionnelle afin qu'il puisse revenir en Bretagne, ce qui résoudrait une grande partie de ses problèmes : il serait hébergé et pris en charge jusqu'à ce qu'il travaille par sa famille. Il pourrait par ailleurs reprendre un contact plus proche avec ses filles, en direct plutôt qu'au téléphone...
La réponse devrait être faite en ce mois de novembre. Cette décision n'est pas a priori impossible, puisque son interdiction de présence en Bretagne ne relève pas de ses jugements de la cour d'assises spéciale mais uniquement de la décision de libération conditionnelle. Les magistrats peuvent donc sans problème revoir leur décision.
Signalons qu'il est le seul des condamnés de l'ARB de deux derniers procès remis en liberté conditionnelle à recevoir cette interdiction de présence en Bretagne. Et aucun problème ne s'est levé jusqu'à présent de la part des libérés qui vivent normalement en Bretagne.
Skoazell Vreizh : 01/11/2005