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"(...) Sur commission rogatoire du juge Thiel, deux policiers du SRPJ de Rennes (dont un qui m'avait interpellé le 1er octobre 1999) m'ont interrogé pendant deux heures sur l'attentat de la mairie de Belfort. Les questions posées portaient notamment sur mon emploi du temps les jours précédant et suivant cet attentat survenu dans la nuit du 29 au 30 octobre 1998. A cette époque, j'étais en arrêt maladie et j'ai effectué du 2 au 4 novembre un bilan diabétique à l'hôpital sud de Rennes.
Il y a lieu de constater que ce dossier en suspens depuis bientôt six années est réouvert à un moment où ce même juge est discrédité dans le dossier ARB et surtout la manière dont il a procédé dans l'affaire de Kever.
Le magistrat m'avait déjà auditionné sur ces faits lors de l'instruction du dossier ARB et posé les mêmes questions que les policiers venus m'interroger aujourd'hui.
Quoi qu'il en soit, et je l'ai dit, il ne faut pas se réjouir prématurément du bilan du procès de mars. la chasse aux "Breizhou" est toujours ouverte. Peut-être une revanche à prendre sur des militants qui n'ont eu de cesse de dénoncer les pratiques douteuses de cette justice d'exception. Sinon, pourquoi focaliser sur ces mêmes militants une pression et un acharnement démesurés sans même rechercher ailleurs les solutions à leur entreprise de police politique. (...)
La Bretagne doit rester vigilante et garder à l'esprit les violences policières qu'ont engendré les rafles des familles, traumatisant pour longtemps les enfants de militants politiques et culturels gardés à vue dans des conditions que nul ne voudrait voir se répéter en Bretagne.
Ces souvenirs douloureux, pour beaucoup d'entre nous, doivent être la continuité de cette solidarité bretonne, car d'autres que nous, sous couvert de lois d'exception et liberticides, peuvent à leur tour être privés de leur liberté.
Alain Solé
Prisonnier politique breton
Paris, le 24 juin 04"
Communiqué de Me Coutant (Peyre)
Paris, le 28 juin 2004
Pour tenter de contrer dans l’opinion publique l’apparent désastre judiciaire du procès contre l’ARB de mars dernier devant la Cour spéciale de l’Etat français, en dépit de toutes les manipulations du gouvernement, de ses juges et de leur « bras armé », Sos Attentats, le juge Gilbert Thiel est allé fanfaronner en Bretagne le 14 mai, à Vannes, en forme de conférence de presse et sous haute protection de militants de l’UMP.
Mais cela ne suffisait pas, et Gilbert Thiel n’a pas hésité à faire venir à Paris il y a quelques jours, des policiers du SRPJ de Rennes pour interroger Alain Solé, gravement malade (diabétique insulino-dépendant, multi pontage cardiaque et en permanence à la merci d’accidents mortels vasculaires), toujours emprisonné à La Santé.
L’objet de ce nouvel harcèlement : son emploi du temps fin octobre 1998 – il y a près de 6 ans - au moment où a eu lieu un attentat contre la mairie de Belfort, fief de Jean-Pierre Chevènement, à l’époque le ministre de l’intérieur du gouvernement français.
Les bretons apprécieront !
Isabelle COUTANT (PEYRE)
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