Violences policières : des femmes réagissent
Les brutalités policières lors des récentes interpellations ont conduit des femmes finistériennes à créer un collectif de réflexion et d'action.
|
"Chacun d'entre de nous a des idées qu'il défend (...). Quelles que soient ces idées, quelles soient partagées ou non, cela n'excuse en aucune façon les méthodes employées et cela ne donne sûrement pas le droit à certains de bafouer le droit des enfants. C'est pourquoi, en tant qu'amies, en tant que bretonnes, femmes et mères de famille, nous participons à ce rassemblement de soutien pour crier notre colère devant ces méthodes choquantes, disproportionnées, antidémocratiques et inacceptables mises en oeuvre par l'Etat français.
Inacceptable que d'imaginer la peur des enfants réveillés brutalement par une vingtaine d'hommes casqués, cagoulés, armés jusqu'aux dents, donnant l'assaut dans l'escalier. Inacceptable que d'imaginer ces enfants devant le spectacle de ces hommes mettant à sac leur maison (...). Comment leur dire que cette fiction est une réalité? Nous sommes bretons, français ou d'ailleurs. Nous prenons chaque jour position contre la violence, à l'école, à la maison, à la TV. Mais à présent, c'est à une nouvelle forme d'agression que nous devons faire face. Comment dire à nos enfants que c'est de l'Etat français et de son armée que nous devons nous protéger ? Comment nous protéger de ces agresseurs "autorisés", qui ont le droit de fracturer nos portes, d'effrayer nos enfants, méthodes systématiquement utilisées? Militants ou non militants, bretons ou non bretons qu'importe! Ne touchez plus à nos enfants! Dénonçons la violence de ces forces armées.
Et refusons encore les conditions de garde à vue et de détentions arbitraires (...)."
|
|
Ce texte a été la première manifestation d'un groupe de femmes écoeurées par les violences qui venaient de
se commettre dans une maison de Kemperte : le père entraîné nu du premier étage au rezde-chaussée devant
ses enfants, poussé vers la voiture de police torse nu, arrêté avec sa femme devant tout le voisinage
atterré, gardé par les Ninjas du GIPN, comme dans un mauvais film.
Un collectif de femmes s'est créé, pour "partager, témoigner, informer, mettre en place des moyens d'action pour que cela ne se reproduise plus, pour que le droit des enfants et des femmes ne soient plus bafoués".
Quatre axes de réflexion ont été définis : les enfants et les proches ; les femmes gardées à vue ; le travail
auprès des enfants, de la famille, les premières démarches ; le militantisme : faut-il avoir peur de militer,
quels sont les risques, comment se préparer ou préparer la famille ?
L'action s'articule autour du recueil de témoignages, du lancement d'une pétition, d'une information sur les
droits et les recours, sur la mise en place de contacts et de relais avec la Presse, les organismes
institutionnels ou militants.
Collectif de femmes : Kerlescouarn, 29300 Tremeven.
Tél/fax 02 98 39 11 19. E.mail : collectif.femmes@free.fr
Web : collectifdefemmes.free.fr
|