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EDITO : Liberté, Egalité... désabusés !
 
La loi française est intraitable: tous les citoyens sont égaux devant la Justice, et nul ne saurait se soustraire à ses exigences.
Sauf le capitaine Paul Barril, créateur de la fiction des "Irlandais de Vincennes", qui ne répondra pas de ses débordements pour cause d'annulation de procédure. Sauf cet homme politique étranger, pris en flagrant délit, sur un trottoir parisien, de trafic de cannabis (25 kilos en stock), relâché immédiatement pour erreur de procédure. Sauf l'épouse de l'ancien maire de Paris, employée fictive au détriment du contribuable, délivrée de tout ennui pour erreurs de procédures à répétition. Sauf Didier Schuller, élu soupçonné de détournement de fonds publics, exilé dans une clandestinité de grand luxe, dont le refuge était connu du Tout-Paris, et que la Justice n'a retrouvé que lorsqu'il a choisi lui-même de la rencontrer. Sauf une multitude d'hommes politiques de tous bords, dont les implications dans des trafics d'argent et de pouvoir n'ont aucune conséquence apparente sur leur vie sociale et publique. Sauf le préfet Bonnet, qui a miraculeusement échappé à toute accusation de "terrorisme" en "association de malfaiteurs" que n'auraient pu éviter ni un Breton, ni un Corse, ni un Basque dans des circonstances analogues. Sauf le président de la République, apparemment mouillé dans nombre d'affaires douteuses sur lesquelles on ne peut lui demander aucune explication.
Sauf, sauf, sauf... Un observateur venu d'une autre planète pourrait presque s'interroger sur la capacité de la France à appliquer ses propres lois dans l'esprit de justice, d'égalité et de respect du droit à la fois de la collectivité et de l'individu qui a guidé le Législateur.
Cet observateur pourrait même être tenté de parler de laxisme, de dérives, voire de magouilles...
Heureusement, la Justice française peut prouver qu'elle sait se montrer sévère, en allant même au delà de l'esprit de ses propres lois. Il lui suffit de donner l'exemple des huit prisonniers politiques bretons qui croupissent dans ses geôles depuis 29 mois pour certains, au mépris total du respect élémentaire dû à un présumé innocent.
Ces citoyens ordinaires n'étant détenteurs ni de pouvoir, ni de fortunes, ni de secrets d'Etat, ni de moyens de chantage, ni d'amitiés très haut placées, n'ont que ce qu'ils méritent: la répression. Et même pas dans des prisons pour détenus de luxe. Il faut bien rétablir un minimum d'équilibre...
Pêr Loquet, président de Skoazell Vreizh
AU SOMMAIRE...
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Conseil culturel de Bretagne : "Rendez-leur leur
dignité"
A la suite de l'assemblée générale du Conseil Culturel,
son président, Jean-Louis Latour, conseiller économique et
social régional, a, pour la deuxième fois, écrit à
la Garde des Sceaux, Marylise Lebranchu, pour s'indigner du sort réservé
aux prisonniers politiques bretons.
- Ligue des droits de l'Homme : "Les procédures suivies à
l'encontre de militants politiques bretons ne sont pas acceptables"
Comme nous l'annoncions dans le précédent numéro de Kannadig,
la Ligue française des droits de l'Homme prend officiellement position
quant à la situation scandaleuse des prisonniers politiques bretons.
Un communiqué a été publié le 17 décembre
dernier par cette organisation.
- Mots de prison : le courrier des huit prisonniers politiques bretons
à Skoazell Vreizh.
- Soutien aux prisonniers politiques bretons : Manifestation à Guingamp
"Deux ans et demi, ça suffit! Liberté pour les prisonniers!"...
Samedi 19 janvier 2002, plusieurs centaines de personnes ont défilé
dans les rues de Guingamp en soutien aux huit prisonniers politiques bretons
encore incarcérés en Région Parisienne. Une manifestation
à la fois festive et politique, dont la dimension n'a pas échappé
à la presse bretonne et française.
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Reportage : Comment se refuse une libération
La vie des prisonniers politiques bretons ne se limite pas au quotidien
routinier de la prison. Il arrive que les juges d'instruction les convoquent
pour des interrogatoires ou des confrontations. Et tous les quatre ou six
mois, selon la nature du dossier, on leur signifie la prolongation de leur
détention "provisoire". Ce contre quoi ils font généralement
appel. C'était le cas, le 22 janvier dernier, pour Alain Solé.
Nous avons assisté à cette audience, typique de ce que vivent
les prisonniers politiques bretons.
- Marylise Lebranchu dédicace à Loudéac : un face
à face impromptu.
L'épouse d'un prisonnier politique breton, future maman, a profité
de cette séance de dédicace de la ministre pour attirer son
attention sur la vie quotidienne des familles de prisonniers. Elle témoigne
dans Kannadig.
- Faut-il croire à l'amnistie?
Qui dit élections dit amnistie. La présidentielle et les législatives
qui s'annoncent pour le printemps prochain pourront-elles signifier l'amnistie
des inculpés politiques bretons? Nous avons posé la question
à plusieurs avocats du pool de Skoazell Vreizh. La réponse ne
porte pas à l'optimisme...
- Gardes à vue et saisies abusives : L'Etat ne reconnaît pas
sa faute
A la suite des rafles de mai-juin 2000, plusieurs personnes soutenues par
Skoazell Vreizh déposaient plainte pour avoir passé plusieurs
jours en garde à vue au titre de simples témoins et pour s'être
vu saisir leur matériel informatique, qui parfois était leur
outil de travail. Le dossier avance... lentement.
- Détenus malades : Leurs droits ne sont pas respectés
Sur les huit prisonniers politiques bretons, trois souffrent de maladies graves
depuis le début de leur incarcération, sans recevoir en temps
voulu les soins nécessaires. A de nombreuses reprises, Skoazell Vreizh
est intervenue auprès de diverses autorités pour faire avancer
leurs dossiers. Le point sur le cas de deux d'entre eux, Gérard Bernard,
incarcéré à Fleury-Mérogis, et Paskal Laizé,
à La Santé. Alain Solé, pour sa part, est actuellement
incarcéré à la maison d'arrêt de Nanterre où
il reçoit correctement, semble-t-il, le traitement approprié
pour son diabète.
- Dernière minute : Paskal opéré
Au moment de "boucler" ce bulletin, nous apprenons que Paskal Laizé
a été opéré du genou le 27 février à
l'hôpital Cochin de Paris. Preuve, une fois de plus, que notre vigilance
et notre mobilisation paient...
Espérons qu'il en sera de même pour Gérard Bernard qui,
lui, attend toujours de connaître la vérité sur son état
de santé.
- Soirée-débat à Carhaix : La place des nôtres
n'est pas en prison
Après plus de deux ans de détention pour certains militants
bretons, la section Kreiz Breizh de l'UDB a senti le besoin et la nécessité
de faire le point sur les conditions d'incarcération des prisonniers.
En compagnie de Pêr Loquet, pour Skoazell Vreizh, de Yann Choucq, avocat,
de Manu Bacon, représentante du Collectif de Femmes, et de Bertrand
Grimault, ancien prisonnier, l'assistance réunie à Ti ar Vro,
à Carhaix, le 15 février, a essayé de débattre
sur ce point et sur bien d'autres encore.
- Et aussi le courrier de nos lecteurs, les actualités au jour le
jour, des informations sur les affaires suivies par Skoazell Vreizh
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