Page d'accueil Skoazell Vreizh  KANNADIG SKOAZELL VREIZH - n°6
BULLETIN D'INFORMATION DE SKOAZELL VREIZH

Juin-juillet-août 2000


 Les prisonniers écrivent à Skoazell Vreizh


Gérard Bernard : censure et chantage   Gérard Bernard : censure et chantage

"Bonjour à tous !

  Je tiens, d'abord à vous remercier pour la rapidité du soutien que vous avez mis en place. Vous faites vraiment un travail formidable !(...)

  J'ai été arrêté le 2 mai 2000 19 h 30 dans le bar An Distro de Fougères, en compagnie de Paskal Laizé, par une bonne dizaine de policiers de la DNAT et du SRPJ de Rennes. Tout s'est passé dans le plus grand calme, j'ai appris que cela n'avait pas été le cas pour tout le monde. Après cela, Perquisition de mon véhicule devant le bar menottes dans le dos, bien sûr pour ma sécurité disent-ils... J'apprends que ma femme est, elle aussi, placée en garde à vue. Avant que je n'entre dans notre maison, ma femme a demandé que l'on m'enlève les menottes pour ne pas traumatiser notre Petite fille de dix ans, refus, toujours pour ma sécurité, entouré de huit policiers. Peut-être te danger venait-il de là ? (... )

  On m'a fait dormir les deux premiers jours à la gendarmerie de Liffré, j'ai été enfermé dans une cellule et le gendarme est parti se recoucher dans son logement de fonction, cent mètres plus loin. Heureusement que je suis en bonne santé et que je n'ai pas de tendance suicidaire,-. Le lendemain, interrogatoire, toujours menotté à un fauteuil, aucun moment pour pouvoir s'allonger, et cela de 9 heures le matin jusqu'à environ minuit trente. Dans la journée, je suis retourné à Fougères, à 200 km/h sur la route, "pour l'urgence"... J'ai poireauté plus de 3/4 d'heures ensuite dans une cellule du commissariat de Fougères.

  Le soir, j'apprends mon transfert à Paris avec plusieurs autres personnes, transfert en voiture, à tombeau ouvert, Arrivés dans les locaux de la DNAT, interrogatoires jusqu'aux lueurs de l'aube, accroché à un anneau dans le mur comme une bête - toujours "pour ma sécurité". Puis transfert dans le commissariat du VlIe, pour me reposer une planche de 30 cm, lumière aveuglante en permanence et, bien sûr, le bruit continuel, impossible de fermer l'oeil.

  Retour des policiers vers 9 h 30, retour à la DNAT et interrogatoires. Je leur signale que mon état ne me permet pas de comprendre et analyser leurs questions, mais cela se poursuit jusqu'à six heures du matin... Retour au commissariat, c'est vendredi, mêmes conditions de garde à vue, plus les cris et et les mouvements d'humeur des fêtards du vendredi soir, toujours pas moyen de dormir. Les policiers reviennent pour de nouveaux interrogatoires jusqu'à la fin de la garde à vue, cela fait environ 70 heures que je n'ai pas dormi en dehors de quejques instants de somnolence.

  Je n'ai pas pu me laver, ne serait-ce que le minimum, du mardi au dimanche vers 20 heures, en arrivant à la prison de Fresnes. Là, j'ai commencé à me ressentir humain même si on m'a mis derrière les barreaux.(...)

  Salutations bretonnes et révolutionnaires

  Un Breton debout.

Fresnes, 22/05/2000



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