Jacques Bruchet, l'ami silencieux
Jacques Bruchet, l'ami silencieux
Jacques Bruchet, qui vient de nous quitter, était un grand ami. Il était aussi
un vétéran du combat breton, pour lequel il souffrit plusieurs fois les prisons
françaises. La première fois, ce fil après le débarquement clandestin
d'armes du côtre Gwalarn, sur la plage de Loquirec, à un moment où la
seconde guerre mondiale allait se déclencher. Un certain nombre de militants
des brigades de jeunesse du Parti National Breton, dont André Geoffroy, J.
de Quelen, Alan Le Louarn, Ange Peresse et d'autres, avaient pris part avec
lui à cet épisode mai connu du combat nationaliste et autonomiste breton,
L'académicien Michel Morth, lui-méme originaire de Morlaix, allait plus tard
s'en inspirer pour écrire son roman La Prison maritime.
Jacques Buchet allait souffrir un deuxième emprisonnement lors des procès
intentés aux membes du Front de libération de la Bretagne et de l'Armée
républicaine bretonne devant la cour de sûreté de l'Etat, à Paris.
De santé délicate, car il n'avait qu'un seul rein, il avait survécu de surcroît,
plus récemment, à plusieurs pontages coronariens.
Il fut l'un des plus fidèles amis et soutiens de Skoazell Vreizh, dès sa
fondation par Per Roy, ancien président de Kendalc'h.
Jacques Bruchet se savait peu éloquent, aussi n'intervenait-il guère dans
les discussions, Mais il agissait. C'était l'ami silencieux et généreux,
l'inspirateur persévérant et discret de nombre d'initiatives et d'actions. Il avait
fait ses premières armes aux côtés de Henri Le Helloco, dit Bob, ancien
skipper du Gwalam et le véritable fondateur de Gwenn ha du, association
secrète cladestine qui se rendit célèbre par la destruction du "monument de
la honte", injurieux monument érigé dans la niche de l'hôtel de ville de
Rennes, monument qui, depuis 1932, n'a jamais été remplacé.
Comme tous les hommes d'action, Jacques Bruchet était un pragmatique
aucune idéologie ne l'inspîrait, et il était, sur ce plan, inclassable. Seul
comptait pour lui, comme pour beaucoup d'entre nous, la volonté de voir la
Bretagne et le peuple breton reprendre leur p@ et leurs libertés politiques
parmi les nations et les peuples d'Europe. lis savent que le jacobinisme et le
centralisme de l'Etat français sont immuables, et qu'ils affectent tous les
partis hexagonaux sans exception. Aucun mouvement national ne peut se
passer du concours de ces militants et de ces patriotes, silencieux mais
efficaces.
Jacques Bruchet était pour moi un ami très cher. Il mérite l'admiration et
l'hommage que je lui rends. Tous les membres et militants de Skoazell Vreizh
se doivent de partager avec moi ces sentiments.
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