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Un examen officiel diffamatoire
“(...) Même si les indépendantistes bretons se sentent beaucoup moins proches des Corses
que des membres de l’ETA basque, dont ils aimeraient bien copier l’organisation et pour certains
d’entre eux la douteuse efficacité. C’est que pour eux, la seule façon de faire entendre reste
l’action directe. Onze mois de prison n’ont pas fondamentalement changé les idées de Pierre Loquet:
“Un beau jour, la violence s’installe, c’est inévitable”, affirme cet ancien membre de la Jeunesse
ouvrière catholique. Et pourtant, en Bretagne, certains veulent encore croire en des solutions
pacifiques. Refusant de céder à la tentation de la violence...”
Ce n’est qu’un passage de l’extrait de l’article de l’Express, publié le 16 mars dernier, et repris
par l’IUT de Carrières Sociales de l’université de Rennes 2, sous le titre “La violence est-elle un
mode d’action politique ?”, pour un examen de fin d’année.
La suite du texte opposait le point de vue de Michel Génin, de l’UDB (présentée comme mouvement
catholique de gauche) et celui de Gaël Roblin, porte-parole d’Emgann, assimilé à l’ARB.
A partir de ce texte, les étudiants étaient priés de faire un résumé, puis de répondre à la question:
“Quelle est la phrase qui vous semble le mieux résumer le texte dans son ensemble?”, les étudiants
ayant le choix entre:
- “le recours à la violence est le seul moyen de faire entendre ses revendications politiques”;
- “il vaut mieux renoncer à faire valoir toute démarche de soutien à la culture régionale et se ranger
sous la bannière des partis politiques traditionnels”
- “le mouvement régionaliste breton se divise en plusieurs tendances, parmi lesquelles certaines
utilisent les voies politiques légales, et d’autres ont surtout recours à une action terroriste”.
- Dernière question : “Croyez-vous que pour être entendu, un groupe de pression politique ou corporatif
(ex.: le CDCA, groupe extrêmiste réunissant des commerçants et artisans) peut utiliser la violence
(8 à 10 lignes environ”?
La réponse “politiquement correcte” étant contenue dans la question, on
imagine mal l’intérêt d’un tel sujet d’examen. Mais il y a pire: cette épreuve constitue, aux
yeux des avocats de Skoazell Vreizh, “une diffamation publique envers un particulier”, en l’occurrence
Per Loquet. “Ce passage, en ce qu’il impute au requérant d’avoir subi 11 mois de prison, d’aimer copier
“la douteuse efficacité” de l’organisation ETA, organisation pratiquant la violence terroriste,
et de se poser en chantre d’action directe, constitue des imputations de nature à porter atteinte
à son honneur et à sa considération”, estime Me Choucq dans la plainte avec constitution de partie
civile qu’il a déposée auprès du doyen des juges d’instruction du tribunal de grande instance de Rennes.
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