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EDITO : Répression tous azimuts
Cela fait plusieurs semaines que vous attendez ce numéro de Kannadig, qui aurait dû sortir fin mai. Il était presque prêt. Mais le mardi 16 mai, à 6 heures du matin, quatre policiers du SRPJ de Rennes et de la Division nationale anti-terroriste (DNAT) ont fait irruption au domicile d'Annick Lagadec, à Rennes, chargée de la réalisation du bulletin, l'ont placée en garde à vue et ont saisi tout son matériel informatique pratiquement neuf - et avec lui Kannadig, tous ses travaux en cours et de nombreux documents personnels. Si la journaliste n'a fait "que" deux jours de garde à vue, l'ordinateur, lui, comme plusieurs dizaines d'autres saisis en Bretagne depuis septembre 1999, est parti à Paris dans des sacs poubelles.
Il y a peu d'espoir que tous ces ordinateurs, qui souvent sont des outils professionnels, reviennent rapidement chez leurs légitimes propriétaires.
Encore cette arrestation s'est-elle passée en douceur: Ce n'est pas toujours le cas. A Saint-Nazaire, à Rennes, à Lorient, à Kemperle des hommes et des femmes ont été interpellés avec brutalité, menottés, leurs maisons saccagées...
Pour être relâchés au bout de deux, trois, quatre jours de garde à vue. Ils n'étaient que de "simples témoins". Collègues, amis, parents, simples connaissances de Bretons soupçonnés par la police d'avoir plus ou moins de rapport avec l'ARB... La répression a frappé de tous les côtés.
Plus l'enquête sur Plévin et sur Quévert semble piétiner, plus la police s'acharne sur des Bretons qui n'ont d'autre tort que de se trouver par hasard sur sa route. A ce rythme, les dossiers ne sont pas près d'être bouclés... Et pendant ce temps, neuf hommes restent incarcérés à des centaines de kilomètres de leurs familles. Il se passe parfois cinq mois entre deux auditions par les juges d'instruction parisiens qui persistent à refuser leur libération.
Neuf militants bretons en prison, plusieurs autres inculpés sous contrôle judiciaire... faut-il rappeler que tout cela coûte cher, très cher ? Frais d'avocats, pécule mensuel aux prisonniers, actions diverses de soutien aux familles... Skoazell ne vit que des dons occasionnels ou réguliers de ses militants et sympathisants. C'est peut-être le moment pour chacun de remettre en question sa participation à l'association : 10 ou 20 F de plus au virement mensuel, un chèque de 50 ou 100 F pris sur l'argent des vacances... C'est peu pour chacun, énorme pour tous. Et l'argent n'est pas tout : l'été est long, très long en prison. Une lettre, une simple carte aux prisonniers, c'est un vrai rayon de soleil. A tous, merci...
La rédaction
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