A chaque fois que nous sommes intervenus, nous, les défenseurs de prisonniers politiques bretons auprès de nos élus pour faire poser des questions au ministre de la justice Marylise Lebranchu, à chaque fois que des courriers lui ont été adressés quand nous nous inquiétions sur l'état de santé de certains, des conditions de détention d'autres , le problème de l'éloignement pour les familles, il y a eut une constante dans les réponses : « Les élus, le pouvoir politique ne peuvent jamais intervenir, la justice est indépendante. En France, il n'y a pas de prisonniers politiques ». Nous sommes quand même de plus en plus nombreux à penser le contraire, et pas seulement parmi ceux qui défendent les prisonniers poursuivis par la section anti-terroriste du parquet de Paris.
De fait, des prisonniers politiques existent bien en France, mais ce n'est pas ceux pour qui nous nous battons, ils ont pour noms Didier Schuller, Jean Christophe Mitterrand, Alfred Stirven, Pierre Falcone. Prisonniers politiques, ils le sont puisqu'ils ont un statut de confort spécial pour leur rang dans la société, dans un quartier distinct et indépendant à la prison de la santé, puis qu'ils peuvent obtenir des permis de visite très rapidement (moins dune semaine) pour des parloirs extensibles, puis qu'ils peuvent donner des interviews à des grands magazines du fond de leurs cellules. Ils peuvent aussi bénéficier de la liberté provisoire très rapidement, sous caution bien sûr, des sommes considérables leurs sont demandées, ce qui ne leur posent aucun problème, les affaires pour lesquelles ils sont mis en examen sont toutes des affaires qui touchent à de l'argent qui aurait été obtenu de façon illicite (trafic d'armes ou d'influence, recel d'abus de biens sociaux, corruption...).
Marylise Lebranchu nous dit qu'en France la justice est indépendante. Ca ne semble pas être ce que pense l'ex juge Halfhen, qui démissionne de sa fonction parce qu'il ne peut plus supporter les pressions, les peaux de bananes en tout genre venant de certains milieux politiques, venant de groupes de pression et d'officines obscures où bien souvent la droite et la gauche sont liées. Dans son livre « sept ans de solitude » pas de scoop, pas de scandale, c'est seulement la justice ordinaire celle de tous les jours dans ce genre d'affaire. Dans un Etat de droit c'est choquant. D'autres avant lui ont dénoncé avec vigueur certaines dérives de cette justice, à cause sans doute du nombre élevé de magistrats dans les différentes loges maçonniques « un système d'entraide parallèle à la société officielle, très dangereux pour la démocratie ». D'autres sont partis, en claquant la porte, parce ce qu'ils ne supportaient plus ce manque d'indépendance, ce n'est pas ce qu'ils avaient appris à l'école de la magistrature. Non, la justice n'est pas indépendante, Madame Lebranchu, quand, présente à l'assemblée générale de SOS-attentats, (je vous cite), vous dites : « Par les interpellations des membres les plus radicaux de l'armée évolutionnaire bretonne, au cours du mois d'octobre 2000, interpellations qui ont permis de neutraliser ce mouvement clandestin et d'interrompre ses activités criminelles, qui avaient entraînées la mort de la jeune Laurence Turbec, le 19 avril, à Quevert ». Non seulement SOS-attentats est partie civile dans cette affaire, non seulement vous prenez position en sa faveur, et la Justice n'est donc pas indépendante, mais de plus vous affirmez publiquement certains faits accusateurs en cours d'instruction ! Ces faits qui sont loin d'être établis, et, s'ils devaient l'être, ce ne serait qu'après la tenue d'un procès équitable où le peuple français serait représenté par des jurés populaires, après une instruction à charge et à décharge et un renvoi devant le tribunal adéquat, comme le prévoit la loi en France et c'est seulement après ce jugement que vous pourriez être aussi affirmative. Vous faite fi de la loi sur la présomption d'innocence en désignant des « coupables », entre autre pour continuer de justifier leurs incarcérations. Vous l'aviez déjà fait au moins à deux reprises auparavant, dans le journal Du Dimanche et sur France 3 ouest le 24/12/2000, deux mois après votre entrée en fonction à la Chancellerie. La justice n'est pas indépendante, elle est malade ! Personne ne veut la soigner, surtout pas les dirigeants politiques, ils bénéficient trop de ses faiblesses.
Le jour où monsieur Didier Schuller a été remis en liberté provisoire en payant une caution extravagante, un citoyen lambda a été condamné à une amende de 10 euros pour avoir volé 9 euros afin de donner à manger à ses enfants. Le tribunal a refusé de lui accorder « l'Etat de nécessité ».