Comité de soutien aux familles de détenus politiques bretons SKOAZELL VREIZH  /  SECOURS BRETON
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Comité de soutien aux familles de détenus politiques bretons
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« L'association Skoazell Vreizh est un comité de soutien aux familles des détenus
et des personnes mises en examen pour des motifs politiques bretons, personnes impliquées dans des actes
de résistance à la politique d'assimilation et d'intégration de l'Etat français en Bretagne »
 
 
 
Quand la prison "perd" les documents officiels...

  Les prisonniers politiques bretons à qui on a refusé le 12 septembre leur remise en liberté ont décidé de déposer un pourvoi en cassation. ce qui implique une procédure administrative qui démarre en prison. Encore faut-il que la prison joue le jeu...
La mésaventure survenue à Paskal Laizé, détenu à La Santé. (Extrait d'une lettre envoyée à une amie de Skoazell Vreizh).

   "J'ai mis un pourvoi en cassation sur le refus de mise en liberté. Cela n'a pas été sans mal... Tu n'es pas sans savoir que pour former un pourvoi en cassation, il y a un délai de cinq jours. Bien qu'avec Yann Choucq nous nous étions mis d'accord à ce sujet, je lui ai écrit aussitôt après l'audience du 12, car nous n'avons pas eu l'occasion d'en reparler, afin de savoir si cela était toujours d'actualité et de savoir ce qu'en pensaient les autres avocats. De son côté, Choucq m'avait écrit. Nos courriers se sont croisés. Combien de temps mon courrier aura-t-il mis pour lui parvenir? Je n'en sais rien. Toujours est-il que le sien m'est parvenu samedi dernier pour m'indiquer que rien n'était changé et me demander si je voulais toujours former un pourvoi en cassation. Six jours, alors que logiquement, tout courrier d'avocat doit nous être remis sans délai, c'est-à-dire à J+1.
Je ne pouvais faire ma demande auprès du greffe de La Santé que le 22, dernier délai des 5 jours. Ceci fait, ma missive destinée au greffier a subitement disparu. Si je m'étais contenté d'attendre, il n'y aurait pas eu de suite... Après avoir demandé au maton d'étage de prendre contact avec le greffe, ce qui s'est soldé par une incompréhensible réponse, je suis allé le lundi 22 demander des explications auprès du responsable de la division, en refusant de retourner en cellule. (...) J'ai dû refaire une demande après explications avec le bricard (responsable de division), dont je devais avoir une réponse. Réponse que je n'ai eue que le lendemain, le mardi, par le retour de ma lettre dans laquelle le greffe mentionne: "Nous n'avons aucune notification de refus de libération notifié le 18 septembre (jour où je l'ai pourtant reçue et signée), ni dans votre dossier, ni dans notre cahier. Veuillez nous faire parvenir cette notification." Un comble!!!
Je suis donc retourné voir le bricard avec la notification que je possède en lui intimant de faire le nécessaire, disant que je ne bougerais pas avant d'avoir une réponse acceptable à ma demande formulée le 21, puis le 22, alors que le délai de 5 jours est désormais dépassé. Pour finir, après une longue attente, le greffier s'est déplacé. Surprise... ce n'était pas, d'après lui, le greffe qui m'avait remis cette notification, mais un huissier. Raison pour laquelle il ne pouvait pas la trouver. Comme si c'était mon problème... Suite à une vive discussion, il a pris ma notification en me promettant de me la rapporter avec le document officiel pour le pourvoi en cassation dûment rempli. Je n'avais pas tellement le choix. Cependant, le reste de la journée passe, aucune nouvelle. J'interpelle le bricard pour la 4e fois, il m'informe qu'il n'y a pour l'instant personne au greffe mais qu'il n'y a aucun problème. J'accepte de retourner en cellule et de patienter jusqu'au lendemain matin. A 10 h, toujours aucune nouvelle. Le maton à qui je demande de contacter le greffier me rapporte que ce dernier n'est pas au courant du problème. Ni une ni deux, le maton n'a même pas eu le temps de dire ouf, sans lui demander son avis et malgré ses beuglements, je retourne dans le bureau du bricard. Là, ça a gueulé. J'ai demandé à voir Raffin, le directeur de La Santé, et lui ai dit que dorénavant je ne bougerais plus avant d'avoir le document que je réclamais depuis trois jours, et que je chargerais mon avocat de donner suite à cette affaire, qu'il n'avait qu'à se démerder, même en antidatant le formulaire officiel puisque le délai était dépassé depuis deux jours.
Finalement, au dire du bricard (...), après une petite attente j'obtenais ce fameux formulaire avec la notification qui m'appartient.
Cela te donne une idée du genre de mesquinerie, de parcimonie, de malignité que nous subissons dans cette zone de non-droit... Si, comme bon nombre de prisonniers, j'avais attendu sans pousser des coups de gueule, par peur d'une certaine représaille, tu imagines la suite..."



   
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