Skoazell Vreizh / Secours Breton
  L'appel de Denez RIOU -  
APPEL À L’ARRÊT DES ATTENTATS EN BRETAGNE


Skoazell Vreizh / Secours Breton : Aider les familles des prisonniers politiques bretons  « L’A.R.B doit cesser ses activités et envisager son auto- dissolution » affirme Denez RIOU, l'un des responsables du mouvement Emgann actuellement en détention provisoire à Bois-d'Arcy, dans une lettre à sa femme rendue publique le 5 mai dernier.

Monsieur Denis RIOU, 45 ans, permanent d’association, directeur de publication du mensuel COMBAT BRETON, organe du mouvement politique breton indépendantiste EMGANN, est plus connu en Bretagne sous le nom de Denez RIOU. Il a été arrêté le jeudi 30 septembre 1999 à Lorient dans le cadre de l’enquête sur le vol d’explosifs de Plévin. Mis en examen et écroué le 4 octobre, il est actuellement toujours en détention provisoire à la Maison d’Arrêt des Yvelines de Bois d'Arcy.

Cette lettre, datée du 20 avril 2000, représente sa réaction à chaud suite à l’explosion meurtrière du 19 avril au restaurant Mac Donald’s de Quévert, dans les Côtes-d’Armor. Ce tragique accident, dont l’A.R.B a nié par la suite toute responsabilité, a provoqué un vif émoi en Bretagne et dans l’ensemble du mouvement breton, culturel et politique, car c’est la première fois qu’il y a mort d’une personne innocente dans un attentat en Bretagne.

Le vendredi 5 mai, compte tenu de la notoriété de Denez RIOU dans les milieux autonomistes et séparatistes bretons et de l’importance du message qu’il adresse, Me Ronan Appéré, son avocat, a décidé avec son accord de rendre public ce courrier adressé à sa femme. Tous les médias bretons et français s’en sont fait l’écho le lendemain.



Skoazell Vreizh / Secours Breton : Aider les familles des prisonniers politiques bretons  Voici le texte de l'appel de Denez RIOU :

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Appel à l'arrêt des attentats : Lettre de Denez Riou du 20 avril 2000 (début)

     Je n’ai aucune certitude car on peut penser que l’Armée Révolutionnaire Bretonne n’est pas seule en Bretagne à détenir de l’explosif du type employé à Quévert, mais si il s’avère qu’elle est responsable des événements du 19 avril 2000 qui ont conduit au décès d’une jeune Bretonne, elle doit assumer cet acte tragique et en tirer les conclusions qui s’imposent.

    La frontière qui permet de définir les actes de résistance est une ligne invisible qui n’existe que dans le respect de certains principes, notamment celui de la préservation à tout prix de la vie des personnes innocentes. Le constat est là, incontournable : cette limite en l’occurrence a été franchie, pour des raisons que j’ignore, mais je veux croire qu’il s’agit d’un accident.
      Ce jour restera un jour sombre dans l’histoire de la Bretagne, même si la mort d’une jeune femme n’a été souhaitée par personne.

     Aujourd’hui, je pense à celui ou ceux qui ont mené cette action et qui devront vivre avec en mémoire ses tristes conséquences, pour le restant de leurs jours.
     Je pense à tous ceux qui n’ont rien fait pour que la situation évolue plus sereinement en Bretagne alors qu’il en avaient le pouvoir et à ceux qui continuent à nier tout droit au Peuple Breton. Qu’ils fassent également leur examen de conscience et qu’ils acceptent leur part de responsabilité.
     Je pense aux centaines de militants qui sont passés par les rangs de l’A.R.B, et j’espère qu’ils comprendront et approuveront ma démarche.
    Je pense surtout à la jeune femme qui est morte tragiquement ; tuée au nom de quelle cause ? Rien ne la ramènera à la vie et je ne peux que m’incliner devant la douleur de ses parents et de ses proches qui ont toutes les raisons d’être révoltés.

     Si elle a été la première victime innocente après trente ans d’activité de l’A.R.B, elle doit également être la dernière. Le moyen le plus évident d’honorer la mémoire de cette jeune bretonne est de prendre l’engagement que cela ne se reproduira plus.

     C’est pourquoi, à la suite de cet événement déplorable, je demande instamment à l’A.R.B de cesser ses activités sans attendre, d’entamer une réflexion sur les buts poursuivis, l’intérêt des objectifs visés et les pratiques difficilement maîtrisables, et d’envisager son auto-dissolution car elle faillit à son rôle si le Peuple Breton est amené à en avoir peur.

Appel à l'arrêt des attentats : Lettre de Denez Riou du 20 avril 2000 (fin)

-- La voix de nos prisonniers - Denez Riou - Lettre du 20/04/2000 --


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