Demande de libération pour Alain Solé et Paskal Laizé
La chambre de l'instruction examinait ce mardi 26 mars après-midi les demandes en appel déposées par deux prisonniers politiques bretons, Alain Solé et Paskal Laizé, suite au refus du juge de les remettre en liberté.
Les deux prisonniers ont refusé de se soumettre aux nouvelles fouilles à corps humiliantes et dégradantes imposées depuis peu aux prisonniers politiques, ils n'ont donc pas été extraits de leurs prisons respectives, Nanterre et La Santé.
A la demande d'Alain Solé, son avocat, Me Choucq, a demandé que l'audience le concernant soit publique, comme la précédente. Ce à quoi s'est opposée violemment l'avocate générale, peu soucieuse sans doute que soient divulguées les nouvelles humiliations imposées aux prisonniers politiques. Après en avoir délibéré, le tribunal a toutefois accepté la présence du public, en l'occurrence une petite poignée de sympathisants.
"Les Bretons sont quelque peu limités intellectuellement", a attaqué Me Choucq, "ils n'ont toujours pas compris. Peut-être ont-ils des raisons de ne pas comprendre..."
Ne pas comprendre par exemple pourquoi, en janvier 2002, alors qu'Alain Solé n'avait pas été entendu par le juge Thiel depuis six mois, il avait comme par hasard reçu des convocations pour des dates immédiatement avant et immédiatement après celle de l'audience d'appel pour sa remise en liberté. L'avocat général avait argué de cette convocation à venir pour réclamer et obtenir le maintien d'Alain Solé en détention. Après quoi, l'avocat du prévenu recevait un fax annulant la convocation...
En toute logique, cette audition annulée aurait dû faire l'objet d'une nouvelle convocation, mais les semaines ont passé, rien n'arrivait. Alain Solé a donc à nouveau réclamé sa libération au juge, qui l'a à nouveau refusée, il a donc à nouveau fait appel, une date d'audience a à nouveau été fixée... et à nouveau, Alain Solé et son avocat ont reçu une convocation du juge Thiel pour une date postérieure. "Je n'imagine pas un seul instant", a ironisé Me Choucq, "recevoir dans les jours qui viennent un autre fax d'annulation du juge Thiel".
Après avoir dénoncé les "incompatibilités avec la réalité" des arguments des juges ("On raconte des calembredaines à l'opinion publique"), Me Choucq a démontré que si la libération d'Alain Solé ne troublait pas l'ordre public dans le dossier de Plévin, pour lequel il a obtenu une ordonnance de libération, il n'y avait pas de raison pour qu'elle le fasse dans le dossier ARB pour lequel on lui refuse sa libération.
Manifestement moins à l'aise pour argumenter sa demande de maintien en détention d'Alain Solé, l'avocate générale a simplement évoqué "les nécessités de l'enquête", "le trouble à l'ordre public" et le risque de non représentation d'Alain Solé devant la justice. La décision a été mise en délibéré.
Le public a été prié de sortir pour l'audience concernant Paskal Laizé, qui, lui, n'avait pas demandé sa publicité. Les mêmes arguments ou presque ont été évoqués de part et d'autre.
On saura mercredi midi (27/03/2002) la décision de la chambre d'accusation.
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