Alain SOLE, détenu politique breton, comparaissait devant la Chambre de l'Instruction de Paris le 15 juillet 2002, car il contestait la prolongation de sa détention provisoire après 33 mois passés dans les prisons parisiennes.
A la veille de l¹audience, le juge d'instruction, renonçant à accomplir en cette période estivale certains actes qu'il avait prévus et qu'il avait retardés, actes qui ne concernent pas Alain SOLE, avait avisé les parties de la fin de son instruction.
L'Arrêt de la Cour qui a confirmé la prolongation de la détention vient d'être notifié à Alain SOLE et à ses avocats.
Ils ont eu la stupeur d'apprendre à sa lecture qu'Alain SOLE serait poursuivi pour "Trafic de stupéfiants (acquisition, transport, détention, offre et cession) portant notamment sur de l'héroïne."
Or; et dailleurs la reprise du détail des faits reprochés dans le corps de l'Arrêt le confirme, jamais une telle infraction n'a été reprochée à aucun des mis en examen dans cette affaire et aucun élément du dossier n'a de rapport même lointain avec une telle infraction.
Détail supplémentaire et tout aussi insolite, il est noté dans l'Arrêt l'intervention comme avocat d'Alain SOLE, outre de ses conseils Me CHOUCQ et Me COUTANT-PEYRE, celle d'un Me Rossignol qui n'a jamais été désigné à notre connaissance, par Alain SOLE et que personne n'a dailleurs vu intervenir à l'audience.
Quand on sait que les débats ont eu lieu en audience publique, on reste pantois sur le sérieux d'une Justice qui justifie la prolongation d'une détention après bientôt deux ans et demi, sur des incriminations totalement inexistantes et en relatant l'intervention à l'audience d'un avocat fantôme.
Skoazell Vreizh s'interroge dans ces conditions, avec beaucoup d'inquiétude sur le sérieux avec lequel se penchent sur les dossiers qui leurs sont soumis les magistrats qui sont chargés de contrôler le caractère exceptionnel de la détention provisoire.
Faut-il y voir, une fois encore, un exemple du respect des Droits de l'Homme par la France et sa justice et l'illustration de l'attention que lui portent des Magistrats constitutionnellement gardiens des libertés individuelles.