| |
Guérande le 5 novembre 2002
Madame Michèle ALLIOT-MARIE
Ministre de la Défense
14 rue Saint-Dominique
00450 Armées
Nous avons le regret de devoir attirer votre attention sur un incident grave dont a été victime Jérôme Bouthier, prisonnier politique breton, actuellement détenu à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, et dont notre association prend en charge le soutien ainsi que celui de sa famille.
Le 25 septembre 2002, alors qu'il était extrait de la maison d'arrêt pour répondre à une convocation de la Cour d'appel de Paris, Jérôme Bouthier a subi, comme à chaque fois qu'un détenu quitte les locaux de la prison, plusieurs fouilles intégrales. Mis en attente dans le centre des arrivées et des départs, il a été pris en charge par des gardes mobiles qui, à leur tour, ont procédé à une fouille. Mais contrairement aux extractions précédentes de Jérôme Bouthier, et contrairement aux fouilles appliquées le même jour aux autres détenus extraits, la fouille s'est révélée particulièrement « pointilleuse et fastidieuse, donc très dégradante et humiliantes », pour reprendre les termes de Jérôme Bouthier. Alors qu'il était intégralement nu devant trois gardes mobiles, dont le responsable de l'équipe, il s'est vu demander d'effectuer différents gestes pendant plusieurs minutes. Lorsqu'on lui a demandé de s'accroupir et de tousser, il a fait observer, calmement, aux militaires qu'il n'était pas violent ni dangereux, ce que les gardes mobiles ne pouvaient ignorer, et que cette humiliation supplémentaire ne se justifiait donc pas. Le chef de peloton a alors appelé les autres gardes mobiles présents qui ont fait tomber Jérôme Bouthier en le frappant au creux des genoux, ont plaqué sa tête contre le banc de ciment situé au fond de la cellule, recouvert de crachats et d'urine, l'ont menotté dans le dos de façon très serrée tout en bloquant physiquement son bras droit façon « clef anglaise ». Jérôme Bouthier restera plusieurs minutes ainsi maintenu, souffrant de douleurs intolérables au poignet et à l'épaule, qui le poussent à crier sa souffrance sans que les gardes ne réagissent. Lorsque les gardes le relâchent et retirent les menottes, il lui faudra plusieurs minutes pour retrouver la force de se relever et de se rhabiller.
A son retour à Fleury-Mérogis à 20 heures, Jérôme Bouthier souffre toujours de douleurs au poignet et à l'épaule. Il demande à être reçu par un médecin, ce qui lui sera refusé, sous prétexte qu'aucun médecin ne serait présent. Le lendemain, il est reçu par un médecin qui établit un certificat médical.
Vous comprendrez, Madame la ministre, notre indignation. Indignation quant à l'humiliation totalement inutile infligée à Jérôme Bouthier, dont vos personnels savent parfaitement qu'il n'est ni violent, ni dangereux. Indignation quant à la brutalité infligée par plusieurs gardes mobiles habillés et libres à un homme seul, nu et enfermé. Indignation quand au refus de le présenter le jour même à un médecin.
Sans doute penserez-vous qu'il s'agit là d'une « bavure » exceptionnelle. Ce ne semble pas être le cas. Quelques jours auparavant, d'autres prisonniers politiques ont été victimes dans les mêmes circonstances d'agressions du même type.
Ce sont des gardes mobiles, donc des militaires, qui sont responsables de ces agissements intolérables. C'est pourquoi nous vous demandons, Madame la ministre, quelle suite vous entendez donner à ces brutalités inacceptables et surtout les décisions que vous prendrez pour que de tels faits ne se reproduisent pas à l'encontre des personnes confiée aux hommes que vous avez la charge de gérer.
Je vous prie d'agréer, Madame la Ministre, l'expression de notre respectueux dévouement.
Pêr LOQUET
Président
|
|
Accueil
Editorial
Historique
Rôle
F.A.Q
Lettre
d'infos
Boutique
Presse
Liens
Kannadig
Archives
Lexique
Participez
Financièrement
Soutien financier
Prélèvements
Dons
Concerts
et festoù-noz
Tronc
Skoazell Vreizh
Boutique
Skoazell Vreizh
Moralement
Pointez
vers ce site
Traductions
Ecrivez
aux prisonniers
Adresses
des prisonniers
Skoazell Vreizh vous
aide
Connaissez
vous vos droits ?
Guide
de la garde à vue
|