Vous avez préparé votre petit bagage et vous commencez le temps de la garde à vue.
La garde à vue est réellement une épreuve. C'est le temps où l'on va tenter de vous faire craquer
psychologiquement en affaiblissant votre résistance physique, principalement par le manque de sommeil :
une planche pour s'étendre, parfois une vieille couverture ; la lumière est permanente, ainsi que le
bruit. Dans certains commissariats, vous pourrez vous laver, mais c'est rare. En plus des
inquiétudes liées à l'arrestation, la conscience que l'on a de soi, le désir de préserver sa dignité
sont sérieusement ébranlés par la fatigue et le manque d'hygiène.
Dites-vous bien cela aussi fait partie du processus, tout autant qu'un interrogatoire.
Autre forme de pression : l'attente, le temps qui passe. Des heures, des jours à attendre, enfermé
dans une sorte de placard (cellule), attendre que l'on vous sorte de là le temps d'un sandwich ou d'un
interrogatoire. Tout le reste de ce temps, vous le passez seul avec vos pensées, à guetter les
bruits extérieurs pour deviner ce qui va suivre.
Tentez le plus vite possible de vous détendre, de dormir dès que possible. Ne vous concentrez pas sur
votre anxiété, pourtant légitime, mais essayez par exemple d'observer ce nouveau monde, à la
manière d'un ethnologue, trouvez un intérêt quel qu'il soit.
Sale et fatigué, vous vous sentez vulnérable, humiliée : c'est l'effet recherché ! Résistez !
Si vous faites l'objet d'un mandat d'amener, on vous conduit à Paris devant le juge d'instruction.
Le voyage se fait généralement en voiture banalisée ou dans un car de C.R.S. ; voyage pénible
que vous ferez le plus souvent menotté.
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